23/11/2006

Raymond Alcovère a écrit

Un tableau de Frédérique Azaïs ....

Fugue Baroque a le velouté du caramel.
Dès sa création il avait cette patine du temps, et depuis il ne cesse de se bonifier.
Car il est en mouvement tout simplement, il est vivant.
Le soir, dans la lumière oblique, il chatoie,
ondule, palpite, tantôt fiévreusement,
tantôt sereinement. Il agrippe la lumière, la fait sienne, l’incorpore.
Pour peu que le soleil soit venu habiter la journée, à la brune, se déclenche alors une symphonie,
éphémère mais toujours renouvelée.
Elle dure ce que durent les derniers
épanchements du soleil.
La lente déclinaison des rayons pulvérise les couleurs, happées par un malstrom.
Une sarabande éclate, un déploiement, mélodie douce et languide entrecoupée
de violents coups d’archet, furioso.
La couleur s’étale sur la toile, elle prend sa place,se dissipe, s’insinue puis se retire, lance des éclairs,
des reflets, invite à la mélancolie, au rêve ou à la sensualité, mais toujours étonne, réveille des sensations oubliées, des souvenirs enfouis.
Elle parle à l’âme “sa douce langue natale”,
venue du fond des âges.

Raymond Alcovère
"Fugue Baroque" N&B Editions




La peinture de Frédérique Azaïs est incandescente.
Elle attire le mouvement, la lumière, le feu. Elle parle à l’âme,
directement. Car elle est pleine de convulsions, de puissance rentrée, de vie tout simplement.
S’y dessinent des éclairs, des ouragans.
Et des plaines d’ombres. Une sarabande éclate, un déploiement,
Mélodie douce et languide entrecoupée de violents coups d’archet, furioso. La palette est infinie, l’espace du tableau toujours en mouvement. Cette beauté, convulsive et calme en même temps dépasse largement l’espace du tableau. Elle irradie à l’extérieur.

Raymond Alcovère, Ecrivain
paru dans Paris Match (numéros de novembre 2006)

blog de Raymond Alcovère:  http://raymondalcovere.hautetfort.com